Flûtiste

De la gare de Lausanne
Constante et pathétique
S’élève une musique
Qui fuse et puis s’égare
Une femme sans âge
Au corps anorexique
Que l’on croise sans voir
Distille péniblement
A une flûte de pan
Un besame mucho
Qui éclabousse les passants
Mais en plein baiser
Le rythme cesse de se débattre
Désosse le morceau
Dont elle ne joue
Qu’une note sur quatre

Dans la gare de Lausanne
Constante et pathétique
Une femme sans âge
Que l’on croise sans voir
Quand elle sera partie
La gare ne gardera
Que le bruit de ses pas
Et des néons aussi
Son souffle s’est éteint
Dans une flûte de pan
Qui n’avait jamais su
Attirer les passants
Les trains se souviendront
Dans la lumière jaunâtre
Et la gare en hommage
Ne fera partir
Qu’un train sur quatre…

(paroles et musique : Cyril Delmote)