Frontières de misère

Je suis seule, isolée
Je regarde le soleil se lever
Je me sens seule au Monde, et pourtant
Nous sommes des milliers, des millions
Les yeux rivés au ciel, à l'horizon
En silence, en pamoison
En tête à tête avec la lumière
A se confier au rayon qu'on préfère

C'est vraiment fou ce qu'on est frère
Quand on habite la mêm-e Terre
Qu'on soit au Caire ou à la t'Chaux
C'est l'même soleil qui nous donne chaud

Sous le même ciel mais en même temps
Individuels, si différents
Un p'tit d'homme tout chaud jaillit dans la vie
Un vieil homme touchant la quitte dans la nuit
Toubon verbalise, Tapie scandalise
De Caulnes irronise, Nagui taratatise
Jean-Yves Cousteau redoute
Et là... Là je chante, toi tu m'écoutes

C'est vraiment fou tout c'qu'on peut faire
En un instant, sur la même Terre
Pendant qu'on rigole à …
Un enfant meurt à Sarajevo !

On vit tous ensemble, mais tous autre chose
La chanson terminée je suppose
Qu'on va se remettre à rigoler
Qu'ils continueront de se tuer
Pour ne pas trop l’oublier
De temps en temps j'aime m'en aller
Dans la campagne m'isoler
Regarder le soleil se lever

Quel mystère ces frontières de misère
Mais je sais bien qu'elles ne sont pas de fer
Que quelqu'un est triste à l’Espace Barré
Qu'un enfant rit à Sarajevo (bis)

(Michèle Mühlemann /Claude Cavalli)