Quelques maux

Quelques mots sur une carte postale
Devraient me faire plaisir mais me font mal
Je les sens écrits en si peu de temps
Et je les sens si vides de sens, dedans
Je les lis encore et encore comme pour
Allonger se texte, le teinter d’amour
Mais ce n’est pas la peine
Je n’allonge que ma peine…

J’ai eu besoin de tout ce temps pour
Rendre amitié ce qui était amour
Mais le temps a changé de camps
Il m’a soignée mais nous éloigne maintenant…
Les plus beaux souvenirs du passé
Ne suffisent pas à nous faire avancer
Même s’ils sont inutiles
L’oubli est bien futile

Mon ami très cher je vais te laisser
Mais j’ai une requête à t’adresser
Je n’veux plus qu’tu m’écrives de la sorte
Je veux dire, quand l’envie n’est pas forte
Si tu n’as plus rien à me dire
C’est pas la peine de me l’écrire
Ou alors explique-moi
Pourquoi ça s’passe comme ça

J’ai retrouvé cette feuille fanée
Et ces mots d’il y a quelques années
Alors je me suis demandé
Ce que de toi, j’avais gardé
Oh tu n’as pas à avoir peur
J’ai oublié ces petits malheurs
Il me reste les sourires
De jolis souvenirs

(Michèle Mühlemann / Claude Cavallli)